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Etude scientifique: Les effets bénéfiques globaux de l’agriculture biologique



Pour la première fois en France, une étude quantifie les avantages et les inconvénients du bio dans les domaines de l’environnement, de la santé et de l’impact social. Le résultat ? Les bienfaits de l’agriculture bio sont confirmés.


Le tableau récapitulatif du rapport est clair : la majorité des cases sont vert foncé. La couleur signale les impacts positifs de l’agriculture biologique. Ils sont confirmés dans les domaines de la création d’emplois, de la moindre pollution de l’eau par les nitrates et les pesticides, de la plus faible consommation d’énergie à l’hectare, de l’impact réduit sur la biodiversité, de l’absence de maladies dues aux pesticides, ou encore de sa préférence pour le plein air, qui favorise le bien-être animal. Le rapport Quantifier et chiffrer économiquement les externalités de l’agriculture biologique ? a été présenté par ses auteurs Natacha Sautereau et Marc Benoît, le 25 novembre dernier. Les deux chercheurs ont pris en compte à la fois les impacts positifs de l’agriculture biologique pour la société et ses effets négatifs, le tout en comparaison avec l’agriculture conventionnelle.


Pour procéder à cette évaluation, ils ont rassemblé une bibliographie de 280 références scientifiques et complété leur analyse par la consultation d’une vingtaine de chercheurs. « Cette étude touche à des domaines très divers, qui vont de la microbiologie des sols à l’épidémiologie en passant par l’économie, explique Natacha Sautereau. Nous avons donc sollicité des experts très différents. » Les externalités ont été regroupées en trois grandes catégories : environnement, santé et performances sociales.

Tout au long du rapport, un seul impact réellement négatif est noté : les moindres rendements du bio pourraient obliger à étendre les surfaces cultivées. « Cette démarche de chiffrage économique peut être critiquée », reconnaît Nathalie Sautereau. En effet, comment donner une valeur économique à la vie humaine, au bien-être animal ou à la préservation de la biodiversité ? Et comment comparer la valeur d’une abeille à celle d’une eau non polluée ? Les auteurs ne cachent pas les limites de l’exercice, dues également au manque de données, ou à la diversité des systèmes de culture : tous ne se ressemblent pas à l’intérieur du bio ou du conventionnel.

Des pistes pour améliorer les soutiens publics à l’agriculture biologique


Ce rapport se veut donc, surtout, un outil d’aide à la décision politique. « Un soutien financier à l’agriculture biologique est largement justifié sur la base de ce rapport », estime Marc Benoît, l’un des auteurs. Ayant assisté à sa présentation, le conseiller du ministre de l’Agriculture chargé du bio, Luc Maurer, précise : « Avec ce rapport, le ministre veut faire deux choses : mieux faire reconnaître la nécessité de développer l’agriculture biologique dans la future politique agricole commune de l’Union européenne, qui commencera en 2020 et qui se prépare dès maintenant ; et identifier les priorités de recherche en agriculture biologique. »


Le document ouvre donc des pistes pour améliorer les soutiens publics à l’agriculture biologique. Il souligne que les consommateurs acceptant de payer un peu plus cher pour les produits bio, ils bénéficient d’une « certaine rémunération par le marché », mais que cela « ne permet pas d’atteindre un niveau satisfaisant de financement des services à caractère public ». Un soutien public mieux organisé pourrait même permettre, éventuellement, de baisser les prix et favoriser un meilleur accès de tous aux produits bio.

Lire la suite : Reporterre 23/12/16

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